Être attentif ne relève pas uniquement de la bonne volonté des élèves. Aujourd’hui, les sciences cognitives montrent que l’attention est une compétence qui s’enseigne, se comprend et s’entraîne. C’est tout l’objectif du programme ATOLE (Attention à l’école), conçu par Jean-Philippe Lachaux.
À Neuville-sur-Autou : des élèves qui deviennent chercheurs de leur propre attention
En classe de CP-CE1, l’enseignante a choisi de suivre la première séquence d’ATOLE dans son intégralité. Les séances demandent du temps, mais les élèves se prennent rapidement au jeu.
Observer les distracteurs, analyser ce qui aide ou empêche d’écouter, construire un vocabulaire commun… les enfants deviennent peu à peu capables de parler de leur propre fonctionnement.
Le mot « connexion »est même entré dans le quotidien de la classe !
L’enseignante rapporte : « J’ai été assez surprise par l’investissement que mettaient les élèves dans ces séances. »
L’expérience est jugée suffisamment enrichissante pour être poursuivie l’année prochaine.
À Saint-Paul-de-Fourques : une démarche prometteuse qui demande du temps
En cycle 3, les 2 enseignantes soulignent toute la richesse pédagogique du dispositif. Les élèves découvrent les mécanismes de l’attention et apprennent progressivement à mettre des mots sur leurs stratégies.
Les retours des élèves sont d’ailleurs très encourageants :
« Grâce à ATOLE, je suis beaucoup plus attentif à ce qu’on fait en classe. »
« Quand vous dites : "Contact !", tout le monde vous écoute. »
Cependant, cette expérimentation met aussi en évidence une réalité importante : apprendre à gérer son attention ne s’improvise pas.
Avec une seule séance par semaine, les automatismes mettent du temps à s’installer et les rappels des enseignants restent indispensables.
Cette expérience montre qu’ATOLE révèle tout son potentiel lorsqu’il peut être inscrit dans la durée, dès les premières années de l’école primaire.
En ULIS collège Marie-Curie de Bernay : l’attention au service des apprentissages
En ULIS collège, ATOLE est devenu un véritable outil pédagogique.
Deux séances hebdomadaires permettent aux élèves d’identifier leurs distracteurs, de comprendre leur fonctionnement mental et d’apprendre à revenir vers leur objectif lorsqu’ils perdent le fil.
Ces apprentissages sont ensuite réinvestis dans les activités scolaires : les tâches sont découpées en étapes, les procédures sont explicitées et les élèves gagnent progressivement en autonomie.
L’enseignante rapporte : « Nous sommes passés de "Sois attentif !" à un véritable apprentissage de l’attention. »
Elle constate une évolution très positive de l’engagement des élèves, au point que plusieurs collègues souhaitent désormais découvrir le dispositif pour l’utiliser dans leurs propres classes.
Ce qu’en disent les élèves :
Quelques paroles qui résument bien l’expérience :
« ATOLE, ça aide les élèves à mieux se concentrer. »
« Depuis qu’on le fait, je travaille un peu mieux. »
« Grâce à ATOLE, je suis beaucoup plus attentif. »
« Ça ne m’a pas trop aidé… mais c’était rigolo ! »
Paroles d’élèves de Neuville sur Autou :
Parce qu’apprendre passe aussi par le plaisir, tous les élèves ne vivent pas les séances de la même manière… et c’est aussi ce qui fait la richesse du dispositif.
Une expérimentation qui ouvre des perspectives :
Les trois expérimentations montrent qu’ATOLE trouve sa place à tous les niveaux de la scolarité, du primaire au collège. Elles soulignent également un point essentiel : l’attention est une compétence qui se construit progressivement.
Lorsque le dispositif est mis en œuvre régulièrement, il offre aux élèves des outils concrets pour comprendre leur fonctionnement, mieux gérer les distractions et devenir plus autonomes dans leurs apprentissages.
Les premiers retours sont prometteurs et confirment tout l’intérêt d’inscrire cet enseignement dans la durée, afin que les compétences attentionnelles deviennent, au fil des années, de véritables habitudes d’apprentissage.
Et si, finalement, le premier apprentissage à l’école était tout simplement… d’apprendre à faire attention ?
Remerciements
Cette expérimentation n’aurait pas eu la même richesse sans l’accompagnement précieux de Jean-Philippe Lachaux.
Un immense merci à Jean-Philippe Lachaux qui prend régulièrement de son temps pour échanger avec les enseignants lors de visioconférences. Sa disponibilité, son écoute et la qualité de ses analyses permettent d’établir un lien direct entre la recherche en sciences cognitives et les réalités de la classe. Ces temps d’échanges offrent aux enseignants l’occasion de questionner leurs pratiques, d’affiner leur compréhension du dispositif et de progresser dans sa mise en œuvre.
Ce dialogue constant entre la recherche et le terrain constitue une véritable richesse. Il permet aux équipes du département de l’Eure d’avancer collectivement sur un enjeu majeur : l’enseignement de l’attention à l’école.
Un grand merci également aux enseignants engagés dans cette expérimentation, qui ont accepté de se lancer dans cette aventure pédagogique dans le cadre du module B « Innovation pédagogique ». Leur confiance, leur investissement, leurs questionnements et leurs retours d’expérience ont permis d’enrichir cette seconde année de déploiement et ouvrent des perspectives prometteuses pour les prochaines années.
Parce qu’innover, c’est aussi accepter d’expérimenter, d’observer, d’ajuster et de partager, cette démarche illustre pleinement la force du travail collectif au service de la réussite des élèves. Anne Godebout, CPD Innovation pédagogique
Retrouvez un autre article d’une expérimentation ATOLE, circonscription de Val de Reuil
